Histoire...     

mardi, 14 juin 2011 16:40

L'impact mondial du méthodisme

Le réveil méthodiste s’étendit sur plusieurs décennies et se répandit de plus en plus. A la mort de John Wesley, en 1791, il y avait plus de 70’000 méthodistes en Angleterre et plus de 60’000 aux Etats-Unis. Ces derniers s’étaient constitués en Eglise autonome après l’indépendance des Etats-Unis (1784).

"C’est par divers groupes d’émigrants que, dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, la pensée méthodiste a été apportée dans le Nouveau Monde. Lorsque certaines colonies britanniques d’Amérique du Nord se rendirent indépendantes en 1783, il se produisit, dans les Etats-Unis nouvellement créés, un vide religieux, car les ecclésiastiques anglais fidèles à la royauté étaient retournés dans leur patrie. C’est dans ces circonstances que fut fondée, à Noël 1784, l’Eglise Episcopale Méthodiste, plus tard dénommée Eglise Evangélique Méthodiste, qui entreprit aussitôt une oeuvre d’évangélisation et d’édification dont le rayonnement allait au-delà des barrières linguistiques existantes. Ainsi donc, alors qu’en Grande-Bretagne le méthodisme, même après la mort de John Wesley, restait fidèle à la pratique des «cercles d’édification» au sein de l’Eglise anglica - ne, il n’en fut pas de même aux Etats-Unis, où la constitution politique interdisait la reconnaissance d’une Eglise d’Etat: le Méthodisme s‘y organisa en Eglise indépendante. Celle-ci institua le ministère d’évêque qui consiste à présider les synodes et à veiller à l’exécution de leurs décisions."

En Angleterre, ce n’est qu’au cours du 19e siècle, après un long processus, que les méthodistes sont devenus une Eglise indépendante. Les méthodistes d’Amérique et d’Angleterre ont évolué indépendamment les uns des autres et disposent de leur propre structure ecclésiale. Ces deux Eglises ont créé des sociétés de mission très actives, de sorte que les deux branches du méthodisme se sont répandues dans le monde entier. Aujourd’hui, il y a des Eglises méthodistes dans presque tous les pays, et on compte environ 50 à 60 millions de méthodistes dans le monde entier. Le Conseil Méthodiste Mondial, fondé en 1881, rassemble les diverses branches du méthodisme.

La première communauté méthodiste fondée en Suisse est issue de la branche anglaise, qui travaillait déjà en France, donc en français. C’est ainsi qu’en 1840 est née une communauté de langue française dans la région genevoise. Mais c’est à Lausanne qu’a été construite la première chapelle méthodiste, en souvenir du Suisse Jean Guillaume de la Fléchère, un des collaborateurs de John Wesley, très estimé en Angleterre. Le bâtiment comprenait aussi des salles pour accueillir un centre de formation théologique pour la mission française. Entre temps, dès 1856, l’Eglise Méthodiste Episcopale et l’«Evangelische Gemeinschaft», les deux branches du méthodisme américain, avaient commencé une mission en langue allemande sur le continent. Ils arrivèrent en Suisse en 1866, où ils se répandirent surtout dans les cantons protestants de Suisse alémanique, mais aussi parmi les germanophones de Suisse romande. Ces deux branches du méthodisme se développèrent beaucoup plus rapidement et en 1900, l’Eglise Méthodiste Episcopale reprenait l’immeuble de Lausanne alors que les méthodistes francophones se retiraient de Suisse.
Depuis quelques années, on observe en Suisse romande le passage de l’allemand au français. Un nouveau centre d’études théologiques en langue française a été ouvert à Lausanne, le CMFT (Centre Méthodiste de Formation Théologique). Celui-ci travaille en collaboration avec d’autres institutions existantes mais non-méthodistes. La Suisse alémanique, l’Allemagne et l’Autriche ont en commun un séminaire de théologie (méthodiste) à Reutlingen, dans le Sud de l’Allemagne.

Au début, le travail missionnaire des méthodistes a subi les attaques de la population ainsi que des Eglises cantonales et des organismes d’Etat. Des missionnaires américains ont parfois été appelés à démontrer que le méthodisme n’était pas une secte, mais une Eglise répandue et connue aux Etats Unis. Les méthodistes ont commencé à collaborer avec d’autres mouvements de réveil au sein des Eglises nationales. Ils partageaient leur conviction de la nécessité d’annoncer la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu pour l’homme pécheur et de la nécessité d’inviter les gens à se convertir et à suivre le Christ. Pour les méthodistes, le but de l’évangélisation n’était pas seulement la conversion, mais l’expérience que Dieu peut transformer la vie d’un homme. Une des préoccupations majeures de l’évangélisation méthodiste était le renouveau ou la «sanctification» par l’expérience de l’amour. C’est pourquoi l’évangélisation méthodiste n’en restait pas à l’expérience individuelle du salut, mais conduisait à toute une variété d’activités sociales: mission, création de paroisses dans les quartiers populaires, lutte contre l’alcoolisme, formation religieuse des enfants dans le cadre des Ecoles du dimanche, composition d’un nouveau genre de cantiques et création de chorales, diffusion de littérature chrétienne, service diaconal, etc. En bien des lieux, ce sont les méthodistes qui ont créé les premières Ecoles du dimanche. Dans l’entre-deux-guerres, on a encouragé la formation des laïcs et créé des centres de vacances et d’études. Les deux branches américaines du méthodisme, l’Eglise méthodiste épiscopale et l’«Evangelische Gemeinschaft» se sont développées en Suisse indépendamment l’une de l’autre.

Parfois, seule l’une des deux était implantée; ailleurs, les deux chapelles n’étaient éloignées l’une de l’autre que de quelques centaines de mètres. En 1968, les deux branches ont fusionné au niveau mondial. L’Eglise née de la fusion («United Methodist Church») s’appelle désormais dans l’Europe francophone «Eglise Evangélique Méthodiste» (EEM).

© UEEM 2001

(Source UEEM)

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